La Section du patrimoine de la SFPE est née d’un constat : la disparition de toutes les œuvres créées par des patients hospitalisés au cours du XIXe siècle. Dans ce naufrage, ont disparu toutes les œuvres étudiées par les pionniers de la psychopathologie de l’expression (Simon ou Tardieu, par exemple). Au début du XXe siècle, seuls quelques psychiatres ont commencé à se préoccuper de l’avenir des créations de leurs patients et ont pris l’initiative de les conserver — chez eux !, faute de toute possibilité institutionnelle de conservation.
C’est en renouant avec la pensée de Condorcet que Claude Wiart a créé la section du patrimoine de la SFPE en 1993. De Condorcet, il retenait la nécessité pour l’éducation et le progrès de conserver le patrimoine intellectuel et culturel, d’y inclure toutes les contributions à l’humanité, y compris celles des marges. Il s’agissait pour la Société de réfléchir aux actions qu’elle pouvait nous pourrions mener pour inciter à la conservation des œuvres créées en milieu psychiatrique. Rapidement, ce sont des solutions concrètes qui lui ont été demandées par des soignants (ou leurs héritiers) qui ont souhaité lui confier des œuvres qu’ils ne pouvaient plus garder.
Un fonds s’est ainsi constitué. Il se compose de dessins, peintures, écrits, tapisseries, modelages. La Section a d’abord procédé à la restauration préventive d’œuvres souvent en mauvais état et à leur inventaire. Grâce à une subvention du ministère de la Culture, elle a pu se doter, à partir des travaux de Claude Wiart, d’une banque de données et d’images, finalisée en 2003. Elle a pour particularité que des chercheurs peuvent y garder en mémoire leur corpus et leurs notes de travail. Il fallait ensuite documenter autant que possible les œuvres et leurs auteurs. Enfin, il fallait trouver un lieu pérenne, conforme à notre volonté de « désaliénation » des œuvres tout en préservant les droits des auteurs.
Nous avons proposé le dépôt de notre fonds au LaM à Villeneuve d’Ascq qui l’a accepté en 2013. Parmi les œuvres déposées, certaines sont en co-dépôt avec l’hôpital Sainte-Anne – GHU qui en conserve également au MAHHSA à Paris. Au LaM, des œuvres de notre dépôt figurent dans l’accrochage permanent. Elles sont régulièrement présentées, avec des reproductions dans les catalogues, lors des expositions temporaires — comme par exemple « L’autre de l’art », « Danser brut », « Chercher l’or du temps », etc. Autant d’occasions pour nous d’un travail fructueux avec Sabine Faupin, conservatrice en chef en charge de l’Art brut et Christophe Boulanger, attaché de conservation en charge de l’Art brut. Tous deux participent à certaines de nos Journées et ils ont accueilli les Journées de printemps 2019 à Lille : « Créés en milieu psychiatrique, des objets en instance ? ».
Béatrice Chemama-Steiner a co-dirigé la Section avec Claude Wiart auquel a succédé, Michel Guibert, puis avec François Granier. Elle la dirige désormais avec Valérie Barbot.
Le fonds de dotation Entreprendre pour aider (EpA) soutient généreusement la Section du patrimoine.
Contact : beatricesteiner@mac.com

Le fonds de dotation « Entreprendre pour aider » soutient généreusement la bibliothèque numérique de la SFPE-AT
